J’apprends que Jean-Baptiste Biaggi vient de quitter ce monde. Depuis plus de trente ans, il m’honorait d’une amitié sans faille, attentive et agissante dans le soutien à tous les combats de Chrétienté-Solidarité et de l’AGRIF. Je suis à la peine d’être hélas dans l’insurmontable impossibilité de l’accompagner pour ses obsèques à Cagnano, son beau village du Cap Corse où il me reçut si souvent avec ma famille.Non sans émotion, je vois très haut au-dessus de sa demeure, la mer au loin, le magnifique tombeau corse que je connais bien, avec ses murs de marbre et sa chapelle intérieure et les lauriers roses autour, où il reposera parmi les siens à l’emplacement prévu.
Jean-Baptiste Biaggi, grand patriote français, fut en effet aussi tout au long de sa vie de fidélité un amant passionné de son île. Je relis ce jour, encadré dans mon bureau, son superbe, très poignant poème, « Anima Corsa » que l’on pourra découvrir dans le prochain numéro de Reconquête.
Tous ses amis l’appelaient du diminutif affectueux de « Bat », son nom dans les commandos de France. Bat, engagé volontaire en 1940, avait combattu et reçu une première grave blessure aux poumons. Après des mois d’hospitalisation il avait rejoins le réseau Orion de la Résistance, créé par son frère de combat Alain Griotteray et Henri d’Astier de la Vigerie. Arrêté par la Gestapo, il fut aussitôt condamné à la déportation. Quelque part en Lorraine, il réussit à décadenasser la porte du wagon de marchandise où il était enfermé avec plusieurs autres qu’il persuada de sauter avec lui, trouvant ensuite dans le village le plus proche, l’hospitalité agissante du curé qui les mit aussitôt en rapport avec un préfet protecteur efficace qui se trouvait être corse lui aussi.
Bat rejoignit alors les commandos de France formés notamment par les hommes du réseau Orion. Cela se solda pour lui par d’atroces blessures au ventre dont il garda toute sa vie, sans broncher, le handicap et les douleurs.






29/04/2009 – 19h00