POLÉMIQUE. François Bonneau, le président du conseil régional du Centre, vient de menacer le Printemps de Bourges d’une baisse drastique des subventions si sa direction ne déprogramme pas Orelsan, le rappeur aux textes controversés. Dans un communiqué envoyé à la presse, François Bonneau explique: «Les paroles de la chanson Sale pute sont particulièrement choquantes et nous comprenons parfaitement l’émoi qu’elles suscitent. Nous nous associons à toutes les voix s‘élevant pour les condamner».
Pour justifier sa position, François Bonneau rappelle les travaux entrepris par son exécutif (l’un des principaux bailleurs du Printemps de Bourges) pour favoriser «une véritable égalité entre les hommes et les femmes»: «Ces propos sont contraires à l’idée que nous nous faisons du respect de la dignité humaine. C’est la raison pour laquelle nous affirmons avec force que la brutalité contenue dans des chansons telles que Sale pute ou Saint-Valentin n’ont pas leur place au Printemps de Bourges».
Il conclut sous la forme d’une menace à peine déguisée: «Il appartient donc aux organisateurs de cette manifestation de prendre leur responsabilité: si le maintien du concert était confirmé, nous prendrions les nôtres».
Contactée par Libération, la région confirme qu’il s’agirait bien, en cas de maintien de la programmation d’Orelsan, d’une baisse significative des subventions allouées à ce festival.
La direction du Printemps de Bourges, visiblement surprise par la position du président de région, attend une nouvelle prise de contact avec François Bonneau pour communiquer. «Il y a plusieurs mois que cette chanson n’est plus chantée sur scène», explique un proche du festival.
La chanson incriminée ne figure d’ailleurs pas sur le dernier album de l’artiste caennais. Elle n’est pas non plus inscrite à son répertoire du Printemps de Bourges 2009.
Les paroles de la chanson «Sale pute» ont suscité, ces dernières semaines, de nombreuses réactions d’hostilité dans la classe politique française. Mardi dernier, Valérie Létard, secrétaire d’état à la solidarité, avait fait part de son intention de saisir la justice pour en faire interdire sa diffusion sur Internet. Le même jour, Jean Verdon président du groupe France nouvelle à la région (ex front national), écrivait à François Bonneau pour lui demander si le conseil régional «devait promouvoir, avec l’argent des contribuables, de tels messages de haine». Il aura été rapidement entendu.
Mourad Guichard
Source : http://www.libeorleans.fr//
LIRE OU RELIRE LA LETTRE DE JEAN VERDON : http://michelhubault.hautetfort.com/archive/2009/04/01/le...



